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Focus

Réseaux de formation en chirurgie de la main – Une histoire à succès

Au cours des dix dernières années, quatre réseaux régionaux de formation en chirurgie de la main se sont établis en Suisse.

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Il s'agit de : le « Réseau Romand de Formation en Chirurgie de la Main (RRFCM) », le « Weiterbildungsnetzwerk Nordwestschweiz », le « Weiterbildungsnetzwerk 4 Kantone » ainsi que le « Handchirurgie Netzwerk Zürich ».

Les quatre réseaux poursuivent le même objectif : une formation structurée, planifiable et de haute qualité menant au titre de médecin spécialiste en chirurgie de la main. Grâce à des rotations entre des cliniques des catégories A, B et C, les médecins en formation découvrent différentes écoles opératoires, environnements et approches. La plus grande réussite est la quasi-élimination de l’incertitude de planification lors des changements de poste.

Netzwerk Nordwestschweiz.png

Netzwerk Nordwestschweiz

Points communs des réseaux

  • Procédures de candidature et de sélection coordonnées
  • Rotations sur plusieurs sites
  • Événements de formation réguliers, le plus souvent communs
  • Assurance qualité selon les standards SIWF/ISFM (logbook, Mini-CEX, entretiens de feedback)
  • Taux de réussite élevés à l’examen de spécialiste et soutien actif de carrière

Malgré des structures différentes (contrats fixes ou coopérations souples), tous les réseaux ont nettement augmenté l’attractivité de la discipline.

Points communs des réseaux

  • Procédures de candidature et de sélection coordonnées
  • Rotations sur plusieurs sites
  • Événements de formation réguliers, le plus souvent communs
  • Assurance qualité selon les standards SIWF/ISFM (logbook, Mini-CEX, entretiens de feedback)
  • Taux de réussite élevés à l’examen de spécialiste et soutien actif de carrière

Malgré des structures différentes (contrats fixes ou coopérations souples), tous les réseaux ont nettement augmenté l’attractivité de la discipline.

Comparaison des quatre réseaux régionaux de formation en chirurgie de la main

Tabelle Deutsch.png

Avantages des réseaux

  • Recrutement facilité par une porte d’entrée unique
  • Sélection initiale plus équitable et rationnelle grâce à une décision collégiale
  • Sécurité de planification claire pour les candidat-es et les centres
  • Formation large et variée grâce à différentes écoles et environnements
  • Meilleure assurance qualité et encadrement structuré
  • Accompagnement de carrière des médecins en formation
  • Attractivité accrue de la discipline grâce à des parcours de
Vier Kantone.png

4 Kantone

Inconvénients / Défis

  • Charge de coordination élevée (surtout en cas d’absences/maladies/grossesses)
  • Flexibilité réduite en raison des rotations planifiées sur plusieurs années
  • Charge géographique parfois importante (surtout RRFCM et 4 Kantone)
  • Nombre élevé de médecins en formation dans certaines régions (débouchés professionnels à trouver parfois hors des grandes villes)
  • Dépendance de l’engagement personnel des responsables de chaque centre et des ressources administratives du réseau
Zürcher Netzwerk.png

Zürcher Netzwerk

Recommandations / Astuces pour d’autres disciplines

  • Collaboration constructive et communication ouverte entre tous les centres sont essentielles
  • Définir des quotas clairs par région, correspondant par exemple à l’anticipation des chirurgiens partant à la retraite et aux manques de couverture selon les régions
  • Exclure rapidement les candidat-es inadapté-es
  • Désigner un « leader » par réseau
  • Accords clairs sur rotations, contrats et responsabilités
  • Sélection commune des candidat-es par plusieurs centres, basée sur des critères déterminés en amont par consensus
  • Conserver la diversité des lieux de formation
  • Entretenir la meilleure relation possible entre les cadres de tous les centres, par exemple en organisant des formations à distance hebdomadaires (sondage interactif des connaissances des juniors et partages des pratiques par les seniors)

« Cela a dépassé mes attentes » 

Michaël Papaloïzos en entretien

Michaël Papaloïzos, ancien président de la Société Suisse de Chirurgie de la Main (SSCM) et co-initiateur du Réseau Romand, dresse un bilan très positif :

« Le RRFCM a été créé en 2014/2015 à mon initiative, conjointement avec Laurent Wehrli. En tant que président de la SSCM à l’époque, j’avais la possibilité et le poids nécessaire pour donner l’impulsion décisive. »

Les objectifs de la création du réseau étaient surtout l’organisation et la régulation de la formation ainsi qu’une meilleure répartition régionale des futur-es chirurgien-nes de la main. Parallèlement, le réseau devait adapter la nouvelle formation de spécialiste introduite en 2015 aux exigences du SIWF/ISFM. Comme la durée totale n’était plus que de 6 ans au lieu de 8 auparavant, il fallait garantir la même qualité et la même largeur de formation en nettement moins de temps. « Pour y parvenir, la formation devait devenir plus organisée et plus efficace », explique Papaloïzos.

Le réseau devait également renforcer politiquement la chirurgie de la main. Grâce à une formation coordonnée, on peut démontrer de manière crédible face à la politique, aux hôpitaux et aux partenaires tarifaires que la région pilote activement les flux de chirurgien-nes de la main en régulant les arrivées et les départs.

Problèmes antérieurs et avantages Avant la création du réseau, il existait des problèmes importants : peu de candidatures suisses et de nombreux médecins étrangers qui, après une formation de haute qualité mais coûteuse, retournaient à l’étranger. « Nous financions quasiment gratuitement une très bonne formation pour des collègues étrangers, sans que le système de santé suisse n’en profite. »

Aujourd’hui, Papaloïzos ne voit presque que des avantages : pour les médecins en formation, le réseau signifie qualité, intégration et sécurité de planification de A à Z – « rien de comparable avec l’ancienne situation ». Pour les centres, cela implique certes une certaine perte d’autonomie, mais celle-ci est compensée par une qualité de formation supérieure et une responsabilité partagée.

Papaloïzos lui-même a bénéficié d’une formation variée et intensive et en est reconnaissant. Autrefois, il fallait organiser soi-même sa formation dans une large mesure. Aujourd’hui, les candidat-es se voient « servir la formation sur un plateau d’argent » – un grand avantage qui suppose toutefois la volonté d’accepter les rotations dans différents centres et les déménagements occasionnels.

Des défis subsistent néanmoins. Concernant la crainte de former trop de chirurgien-nes de la main, Papaloïzos répond que le RRFCM lui-même ne forme pas trop de médecins. Depuis la création du réseau romand, les chirurgiens formés ont exactement permis de remplacer les chirurgiens partant à la retraite. De plus, l’évolution globale en Suisse montre des souhaits de travail modifiés de la jeune génération, une contradiction entre les lois sur le travail et les exigences de l’ISFM, ainsi qu’une augmentation de la proportion de femmes avec plus d’absences liées aux grossesses et à la maternité. Aujourd’hui, il faut mathématiquement environ 1,5 personne par poste pour couvrir les gardes et les absences. Cela entraîne une forte demande de médecins en formation, surtout dans les hôpitaux publics. Beaucoup ne peuvent ou ne veulent cependant pas rester à l’hôpital ensuite, car les conditions de travail sont peu attractives ou les postes cadres manquent. Comme solution, il propose de créer nettement plus de postes de médecin cadre purement cliniques sans obligation de recherche.

Conclusion 

« Pour moi, le réseau est une histoire à succès totale – il a même dépassé mes attentes », résume Michaël Papaloïzos.

Les facteurs de succès essentiels ont été l’impulsion claire du départ, la nécessité évidente d’un tel réseau ainsi que la participation active et l’engagement de tous les acteurs. La crise Covid a aidé de manière inattendue : grâce aux visioconférences, le réseau a pu être maintenu en vie et la collaboration inter-centres améliorée.

La partie la plus difficile reste cependant de maintenir à long terme la motivation et l’engagement des responsables de formation. Il est important d’avoir de forts leaders dans le réseau, une sélection minutieuse des candidat-es et un respect mutuel.

Dimension politique 

Papaloïzos souligne enfin l’importance des réseaux qui dépasse le niveau purement professionnel : « Il faut aussi penser aux aspects politiques de la défense de notre profession. Il serait grand temps que toutes les sociétés chirurgicales se regroupent au sein du Swiss College of Surgeons et que celui-ci s’émancipe de la FMH afin de défendre enfin efficacement les intérêts spécifiques de nos disciplines. Une ou plusieurs organisations de réseaux constituent un argument fort que l’on peut mettre sur la table politique. »

Remerciements 

Les auteurs remercient tous les responsables de formation des quatre réseaux de chirurgie de la main pour leur coopération constructive et le partage ouvert de leurs expériences.

Un remerciement particulier va aux collègues qui nous ont soutenus avec des détails supplémentaires et des retours.

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